21 juillet : trek 9 Diablo Mudo - Jahuacocha
Et voilà c’est décidé, comme prévu a l’engagement du guide alpiniste , nous allons nous attaquer à ce sommet situé à 5350 metres , à priori sans grande difficulté technique, mais nécessitant crampons casque et baudrier pour être encordé sur le glacier et un peu plus de 800 mètres de dénivelé ( on dort à 4500 m ) , ça devrait le faire , surtout que les conditions météo sont idéales , le rhume de Thomas est passé et il me semble que je suis acclimatée, après 9 jours à plus de 4000 mètres et des cols franchis certes lentement mais sans gros désagréments à 5000 m.
Par contre je ne me suis pas renseignée sur la difficulté ou sur le parcours exact sur all trails ou autre, c’était plus ou moins le seul sommet accessible sur le circuit, considéré comme facile ( pour des alpinistes , mais pour des randonneurs c’est quand même assez corsé 😟).
Et mea culpa, je pars avec une lampe de poche foireuse achetée à Cusco pour remplacer ma Petzl que j’ai perdu dans le bus avec mon chargeur et les écouteurs, j’ai pensé avoir besoin d’une lampe juste pour s’éclairer dans la tente pour les campements le soir et aller aux toilettes au milieu de la nuit , bien sûr il y a des ciels étoilés merveilleux à chaque fois, mais ça ne suffit pas !
Donc elle tient 1 h-2 h maxi et là on va marcher 4 heures de nuit avant le lever du soleil et sur terrain accidenté !
Ma position est toujours derriere le guide, Thomas ferme la marche, chaque fois qu’on fait un sommet ou un volcan juste les deux. Cela me permets de ne pas utiliser ma frontale au début , bénéficiant de la lumière de Nilton devant et éclairage balayant le sentier par derriere . On commence tout gentiment , il ne fait même pas très froid , beaucoup de mini pauses , j ai l’impression que je n’en ai pas besoin à cette altitude , mais bon c’est Nilton qui sait . Un autre groupe semble nous suivre mais après plus rien , plus aucune lumière , on se demande s’il y a un autre itinéraire , on arrive aux gros éboulis , je renonce presque en pensant que le reste du chemin jusqu’à la neige soit tout le long comme ça ( et avec éclairage limité) mais en fait c’est juste un passage , le guide et Thomas ignorent mes doutes, heureusement, sitôt après on arrive sur une crête , puis un peu de grimpe avec le lever de soleil , là ça me plaît assez bien et le souffle suit .
Mais on avance très lentement ( il faut aussi prendre le temps de chercher les cairns pour le chemin ) et vers 6 heures on n’est même pas à 5000 mètres ! Il y a encore un bon bout jusqu’à la neige et les crampons ( on pense que ce sera une pente pas trop raide sur la neige, d’après ce qu’on a pu voir hier depuis l’autre côté , genre mont blanc 😉) .
Avec le soleil c’est déjà mieux😊
Pour être raide c’est raide !
Encore un énième couloir !
On est bientôt en haut ? 😛
Et ben bon , après le petit passage escalade sympa , il y a une sorte de couloir neigeux presque vertical à maîtriser , ça passe mais ça me demande un max d énergie! Je suis dejà au bout de ma vie comme disent les jeunes ! Une fois en haut du couloir, on croit le sommet proche, mais non comme dans toute course de montagne qui se respecte, le Diablo Mudo est encore trois monticules plus loin, et il faut d’abord descendre une cinquantaine de mètres ( que je n’avais pas pris en compte dans le calcul du dénivelé total ) en rappel dans la neige ( Nilton avait mentionné un petit rappel mais j’avais pensé descendre un petit couloir de roches encordés sur quelques mètres comme au mont Viso ) et surtout de voir en face un nouveau mur de glace à gravir, le désespoir me guette . Mais pas d’hélico ni de mules au milieu de nulle part , obligés de continuer , surtout que l’itinéraire choisi pour rejoindre le camp suivant passe par le sommet , pas d’échappatoire et Nilton ne peut pas me porter sur son dos! Avec Thomas , ils m’encouragent , Nilton tirera un peu plus sur la corde et Thomas me mettra la main aux fesses !
La bonne chose c’est que notre guide est compétent, on lui fait confiance et ce genre de descente en rappel on a déjà pratiqué avec Thomas lors d’autres courses de montagne , une fois passée la première appréhension , on y va : enfin Thomas y va , car dans ces cas là c’est toujours lui qui va en premier ( homme +plus d’expérience) , hihi ça m’arrange !
Donc une fois en bas du rappel , il faut monter une autre pente neigeuse , la structure c’est comme des hautes marches donc ça ça va, il suffit que le souffle et les jambes suivent!
Enfin pas toujours !
Petite pause en route sur le sommet
On y est bientôt !
Pause photo et pub au sommet pour l’entreprise de Chino Nilton .
Enfin , le pire c’est que le sommet durement conquis est plat, on dirait le Moleson !
Moi j’ai pas la force de prendre des photos , je mets la vidéo panoramique que Chino a prise afin de rendre compte du spectacle à 360 degrés qui s’offre à nous.
On se congratule , mais je sais qu’il reste à redescendre plus de 1000 mètres dans une longue vallée interminable, je ne suis pas au bout de mes peines , il est 9 heures , déjà le nombre d’heures de marche dune journée normale !
Il est temps de quitter ce sommet sublime , nous avions cru qu’il fallait absolument atteindre le sommet car l’itinéraire de descente partait dans l’autre versant, en fait dû aux conditions ( manque de neige) , nous devons revenir sur nos pas !
C’est plus facile dans ce sens et arrivés au replat , nous apercevons le lac en dessous , encore quelques centaines de mètres avec les crampons et puis nous enlevons tout ça , les couches aussi car il fait bon maintenant. Cette fois j’ai l’énergie de prendre quelques photos.


Dans la vallée nous sommes récompensés par un magnifique vol d’une douzaine de condors , en contrebas une vache fraîchement morte explique cette concentration, nous observons longuement ce spectacle majestueux. Encore quelques heures de marche ponctuées d’indispensables pauses et nous voilà au dessus du campement de Juraucocha.
C’est plus facile dans ce sens et arrivés au replat , nous apercevons le lac en dessous , encore quelques centaines de mètres avec les crampons et puis nous enlevons tout ça , les couches aussi car il fait bon maintenant. Cette fois j’ai l’énergie de prendre quelques photos.


Dans la vallée nous sommes récompensés par un magnifique vol d’une douzaine de condors , en contrebas une vache fraîchement morte explique cette concentration, nous observons longuement ce spectacle majestueux. Encore quelques heures de marche ponctuées d’indispensables pauses et nous voilà au dessus du campement de Juraucocha.
Le site est magnifique mais la proximité de la route et le fait que c’est le premier ou le dernier campement facilement accessible pour le circuit classique le rende très peuplé et pas très propre. Bon on va pas faire les difficiles , exactement 12 heures après notre départ de Juraucocha nous voilà arrivés, épuisée mais contente d’avoir tenter l’ascension du Diablo Mudo ( le diable muet). Pas pour rien il faut toujours se méfier de ces noms lourd de sens , bien diabolique ce sommet . En même temps je me dis que j ai vu où sont mes limites.




















Comments
Post a Comment